mercredi 2 octobre 2024

 

De quoi j'ai besoin ?


Les besoins humains peuvent être classés en différentes catégories selon plusieurs théories dont la plus populaire est celle d’Abraham Maslow selon qui atteindre le bonheur ou la plénitude, nécessite de remplir avant tout un certain nombre de besoin hiérarchisés en 5 niveaux. Du plus vital au plus transcendant.

·        Imprime et au crayon à papier coche ce qui est acquis, entoure ce qui manque ou ce qui est à améliorer.

Besoins physiologiques

Ce sont les besoins de base liés à la survie.

-        ¨ Se nourrir (manger, boire)

-        ¨ Se reposer (dormir, s’arrêter, se détendre…)

-        ¨ Respirer

-        ¨ Réguler sa température (s’abriter, s’habiller, se déshabiller…)

Besoins de sécurité

Ces besoins concernent la sécurité physique et mentale.

-        ¨ Se protéger des dangers et de la violence à venir (s’assurer, épargner, prévoir)

-        ¨ Se mettre en sécurité en cas de danger ou de violence (se défendre, fuir, combattre, s’affirmer, dire non…)

-        ¨ S’abriter (avoir un toit sur la tête, se réfugier à l’intérieur d’un refuge…)

-        ¨ Se donner les moyens d’assurer sa sécurité (finances, outillage, équipement, entourage…)

-        ¨ Prendre soin de sa santé physique et mentale (alimentation, hygiène de vie, activités…)

-        ¨ Apprendre (connaitre le monde, soi, l’univers…)

Besoins d'appartenance et d'amour

Ces besoins sont liés à l'interaction sociale et à l'affection.

-        ¨ Entretenir des relations sociales (amicales, familiales, professionnelles…)

-        ¨ Avoir le sentiment d’appartenir à un groupe réel ou imaginé (famille, groupe d’amis, de thérapie, de soutien, d’une équipé, d’une catégorie, d’une communauté…)

-        ¨ Se sentir proche de quelqu’un, intime (amitié, relation amoureuse)

Besoins d'estime, de reconnaissance

Ils concernent le respect de soi et la reconnaissance par les autres.

-        ¨ S’estimer (avoir confiance en soi, en ses compétences, ses qualités…)

-        ¨ Se sentir reconnus par les autres (réputation, statut, signes de reconnaissance…)

Besoins d'accomplissement de soi

Ce niveau concerne le développement personnel et la réalisation de son plein potentiel.

-        ¨ Résoudre les problèmes qui se présentent (trouver un emploi, réparer ce qui est en panne, agrandir ce qui est devenu trop petit, se séparer d’une situation qui ne nous convient plus…)

-        ¨ Réaliser des objectifs importants pour soi (réaliser un projet de voyage, professionnel, personnel…)

-        ¨ Faire preuve de créativité (imaginer, réaliser)

-        ¨ Se sentir utile aux autres et à soi (donner, soutenir)

-        ¨ Apprendre (assouvir sa curiosité, sa soif de connaissance, découvrir de nouvelles choses)

-        ¨ Croire (spiritualité, religion, engagement vis-à-vis de soi, transcendance…)

 

 

 

 

 

vendredi 26 janvier 2024

Communication en désaccord - La méthode DESC

 


Origine : Livre Asserting Yourself de Sharon Anthony Bower et Gordon Howard Bower

4 actions à mettre en place pour désamorcer les conflits :

D = Décrire les faits

En utilisant le « je », décrivez les faits : description sans jugement de valeur, critique ou généralisation.

Ex: je vois que tu arrives à 15h alors que nous avions défini le rendez-vous à 14h30, plutôt que tu es en retard comme d’habitude ! La deuxième phrase va stimuler une défense chez votre interlocuteur, vous aurez ainsi lancé le conflit. Dans la première phrase, vous ne faites que décrire des faits qui ne sont pas de votre fait. Ce n’est pas vous qui définissez l’heure qu’il est, ni la remise en question de l’heure que vous aviez définie ensemble. Si vous ne l’aviez pas défini, vous pouvez dire : Je vois que tu arrives à 15h.

E = Nommer ses émotions

Il y a 6 émotions : tristesse, joie, peur, colère, dégout, surprise. On peut les nommer en disant : Je me sens triste, je ressens de la tristesse, j’ai peur, je ressens de la peur, je suis en colère, je ressens de la colère, je suis inquiet, je suis en panique, je me sens en colère, je suis agacé, je suis dégouté, je sens du dégout, je suis surpris, je me sens surpris.

Ex : Je vois que tu arrives à 15h alors que nous avions défini le rendez-vous à 14h30. Je me sens surprise.

S = Inviter à collaborer pour trouver des solutions

Pour trouver des solutions, faut-il avoir défini le problème. On peut dire ici que le problème est : le retard, le non-respect de ce qui a été convenu, la désagréable sensation liée à la surprise. La surprise est une émotion et en tant que telle un signal qui nous invite à trouver une solution au problème qui l’a provoqué. Donc le problème n’est pas l’émotion, mais ce qui l’a provoqué. Qu’est-ce qui l’a provoqué : le retard ? Oui. Ce n’est pas la personne qui est en retard le problème, c’est le retard lui-même. Donc, nous n’allons pas chercher à : faire en sorte que tu ne sois plus en retard. Mais plutôt faire en sorte que je ne sois plus surpris de ce retard. Cela signifie que nous avons tous les deux une responsabilité : moi de travailler sur mes illusions (les gens respectent toujours ce qu’ils disent : faux !) et toi de travailler sur « ta parole » : je fais ce que je dis que je vais faire ou si je ne le peux pas je le dis (je préviens). Donc, nous avons donc deux solutions possibles qui impliquent chaque partie dans la résolution du problème.

Ex : Je dois travailler à accepter que tout ne soit pas parfait et je te propose de ton côté de me prévenir en cas de retard, es-tu d’accord ? Oui/Non Si non, as-tu une autre solution à me proposer ?

 

C = Concluez de manière positive

Dans le meilleur des cas, la solution a été pleinement acceptée par les deux parties, dans ce cas nous pouvons conclure en rappelant les faits ou la solution trouvée, s’assurer de l’accord du partenaire, insistez sur les effets positifs que cette solution va avoir sur l’activité, la relation, montrez votre contentement. Fixez-vous un rendez-vous d’ici quelques jours ou semaines pour faire un point.

Ex : Je suis contente que nous ayons réussi à trouver cette solution de me prévenir en cas de retard afin que je puisse mieux gérer mon rapport à l’imprévu. Je te propose qu’on s’en reparle dans quelques semaines pour voir comment c’est pour toi et pour moi. Es-tu d’accord ?


Conclusion  

Face à toute situation, nous avons le choix de :

  •  Ne rien faire et laisser la situation comme elle est ou s’empirer
  • Fuir ou attaquer pour tenter de soumettre l’autre à notre point de vue
  • Faire preuve de courage et énoncer le problème afin de trouver des solutions et les tester.

Bien sûr, cela ne peut se faire qu’avec la participation pleine de tous les partenaires de l’échange. Si l’un des deux ne joue pas le jeu, il faudra alors faire le travail tout seul pour sa partie du problème et pas pour la partie de l’autre.

Exemples de solutions et leurs conséquences

1 : Je ne dis rien et prends sur moi (ce qui risque à terme d’enliser la relation dans de la violence, du conflit, une rupture…)

2. Je fuis : je m'en vais (ce qui risque de se reproduire un certain nombre de fois), j’attaque : J’en ai marre, tu es toujours en retard, quand vas-tu être à l’heure à la fin (ce qui risque de provoquer une confrontation qui ne résoudra pas le problème ou pour un temps seulement)

3. C’est ce que nous avons vu dans cet article.

Pour résoudre le problème seul : je m’occupe de ma partie du problème : accepter que les gens font des erreurs, accepter qu’ils ne veulent/peuvent pas changer, accepter de prévoir un timing plus large avec cette personne (petite astuce : donner un rendez-vous avec le temps de retard habituel. Exemple : si la personne est toujours en retard d’une demi-heure, lui donner rendez-vous une demi-heure plus tôt, mais vous ne changez rien à l’heure initiale en arrivant donc une demi-heure après l’heure que vous avez fixée à l’autre personne, vous allez voir c’est très amusant !)


 Karine Danan



jeudi 25 mai 2023

Différence entre empathie, compassion, hypersensibilité ?


Tranquillement assit sur un banc public dans un parc, le soleil réchauffe votre visage. Une bonne odeur d'herbe fraichement tondue arrive à vos narines. Un léger vent rafraîchit votre peau. Vous vous sentez paisible. Observant le paysage, les oiseaux qui font des va et vient entre les arbres. Les enfants jouent, les gens se promènent. Vous profitez de cet instant hors du temps. Tout à coup, vous entendez un léger souffle qui s'étend comme une onde. Subitement, vous tournez la tête instinctivement vers un joggeur qui s'effondre devant vous de tout son poids sur le chemin caillouteux. Alors que vous êtes absorbé par la vision de la chute. Vous entendez le claquement que provoque le contact soudain de son menton avec le sol. Vous ressentez immédiatement une douleur intense irradier votre mâchoire. Dans un geste réflexe, vous portez la paume de votre main à votre menton en pensant :
- Wahou ! Ça fait mal !
Cette véritable douleur physique ne laissera apparaître chez vous aucune plaie ni même fracture contrairement au joggeur qui vient de tomber. 
Voilà ce qu'est l'empathie. Cette capacité de sentir ce que l'autre sent. A distinguer de la compassion qui est la capacité de voir d'entendre, de comprendre avec beaucoup de bienveillance la douleur,  le problème de l'autre et de lui tendre la main concrètement ou symboliquement. C'est ainsi que la plupart des gens auront le réflexe de se lever et d'aller immédiatement tendre la main au joggeur pour l'aider à se relever. L'empathe quant à lui restera peut-être figé sur le banc la main sur le menton et les larmes aux yeux. 
Et l'hypersensible alors ? Il pleurera de surprise. 
Et si vous êtes tout ça à la fois, vous vous lèverez en pleurant avec une douleur dans le menton tout en tendant la main au joggeur. 😉
Belle journée à  vous

Photographie : Magaly Chazot 

mercredi 29 mars 2023

Transaction empathique

"Une transaction empathique se produit lorsque le thérapeute communique... sa compréhension de ce que ressent le patient et que ce dernier ressent qu'il est compris" (Clark 1991)

Il s'agit donc d'un échange verbal dans lequel le thérapeute dit ce qu'il comprend de ce que sent le patient et que ce dernier ressent que c'est ça. 

Madame Jeanne (qui n'a pas eu sa promotion) dit : J'en ai marre de ce travail ! C'est toujours les mêmes qui sont avantagés ! 
Monsieur Jean dit :  je comprend que tu n'es vraiment pas contente d'apprendre que tu n'auras pas cette promotion, c'est bien ça ? 
Madame Jeanne : Oui, c'est tout à fait ça ! 

Dans la transaction empathique, il ne s'agit pas seulement de dire les mots, mais répondre avec empathie et respect à l'endroit du ressenti du patient. 

Cela permet au patient de se sentir entendu à un niveau qui n'est pas conscient et sécurisé dans le lien. Il peut alors réactiver des besoins qu'il s'était cachés à lui-même.

Madame Jeanne dit : ... et je vais aller me trouver un travail plus satisfaisant.

Dans le cas d'un système racket ou d'un jeu psychologique, la transaction empathique peut se retourner contre celui qui l'a émise car il y a une intention cachée : celle d'aider l'autre à partir d'une transaction d'Adulte à Enfant qui entre dans le cadre du contrat thérapeutique ou relationnel. C'est alors l'occasion de renommer le contrat et s'assurer qu'il est toujours valide dans l'esprit des deux partenaires de l'échange.

mardi 28 mars 2023

Personnalité hystérique : contrat de thérapie

Un premier contrat possible avec une adaptation hystérique et de :

S'arrêter et penser avant de se laisser emporter par l'émotion 

Contrat qui peut s'énoncer par la phrase : je vais rester centré sur ce que je fais 

Le résultat en est la capacité de brancher la pensée dès que l'émotion devient envahissante. Ceci permettant à la personne de devenir capable de se brancher plus efficacement sur sa pensée et de sortir donc de son sentiment parasite d'anxiété en exprimant sa colère et sa tristesse de façon plus congruente.

Par exemple : Madame Jeanne exprime fortement sa colère en jetant son téléphone au sol alors qu'après analyse de la situation il semblerait qu'elle fût très triste de recevoir une mauvaise nouvelle concernant sa grand grand-mère. Madame Jeanne a senti sa colère monter quand son conjoint lui a demandé pourquoi elle avait acheté 6 œufs à la place des 12 qui étaient sur la liste. Madame Jeanne ne pouvant exprimer sa tristesse ouvertement à monsieur Jean. Elle a (comme à l'accoutumée) transformé sa tristesse en colère (sentiment parasite) emporté par son ressenti émotionnel (pression interne physiologique). Si madame Jeanne avait pris le temps d'être à ce qu'elle faisait malgré les circonstances, elle aurait probablement acheté 12 œufs et aurait évité de recevoir une critique qui lui a donné une bonne raison de décharger sa peine en colère. Madame Jeanne aurait tout aussi bien pu alors dire à son mari sa tristesse de cette nouvelle, le mari dans l'empathie aurait pris madame Jeanne dans les bras, ou encore, il se serait abstenu de faire remarquer l'erreur de madame Jeanne a ce moment-là, ou ... Bref, toute l'histoire aurait changée ! Madame Jeanne se serait sentie plus authentique et plus calme en elle-même et cela est bon pour la santé de madame Jeanne, pour ses relations humaines et pour son propre amour de soi.  

Texte inspiré et adapté de notes de lecture de : Analyse transactionnelle, une perspective relationnelle de Elena Hargaden et Charlotte Stills aux éditions AT, page 33

mercredi 11 mai 2022

Recevoir un sentiment



Réceptionner un sentiment n'est pas toujours facile. La question est de savoir comment vous l'attrapez.  Comme un cadeau altruiste que l'on vous fait ou comme une injonction de vous soumettre aux injonctions que vous avez reçues. Dans le premier cas, si vous choisissez de recevoir,  vous ressentez la joie et la reconnaissance de ce cadeau que vous fait l'autre. Dans le deuxième, le cadeau devient un poids ou un poison. Vous ne percevez  plus alors le cadeau, mais les sensations et sentiments négatifs liés à vos peurs et celles que vos aïeux vous ont transmis.
Alors ? Quel choix faites-vous ? 

mercredi 19 janvier 2022

Le normal et le pathologique

"Il n'y a pas des  espèces humaines, des gens sains et des personnes malades; le pathologique éclaire le normal, il y a un continuum entre des attitudes apparemment loin des normes et ce que l'on peut attendre de sujets supposées normaux"1

Cela veut dire quoi ? 
Qu'il n'y a pas d'un côté le "normal" et de l'autre le "pathologique". L'espace entre les deux est un continuum qui va du normal au pathologique. Néanmoins, voir cela ainsi réduit ces deux notions à des contraires.

Pourtant, le "normal" ou la norme est en statistique la proportion majoritaire. Cela impliquerait que la majorité est donc la normalité et vice versa. "Je suis normal si j'appartiens à la norme, à la majorité". 
Le pathologique, en psychologie, relève du trouble psychique envahissant. On ne se place donc plus sur le continuum. Pourtant, l'on considère que si 80% des gens disent : ceci est une chaise. Celui qui y verrait un éléphant sortira de la norme et on pourra dire que sa perception relève de la pathologie. 

La norme permet le vivre ensemble. Ainsi, si tout le monde est d'accord pour dire que la chaise est une chaise, tout le monde se sent bien. Si, une minorité dit que cette chaise est un éléphant, on fera des statistiques pour savoir combien de personnes voient un éléphant dans cette chaise. Accrochez-vous, ce n'est pas fini. La minorité ne l'emportera pas sur la majorité et c'est la majorité qui sera considérée comme "normale".

 
Ce qui est normal à une époque, dans une culture, dans un groupe, peut ne plus l'être à une autre époque.
Par exemple : En 1910 il était considéré comme normal de laisser les bébés pleurer tant qu'ils pleuraient. En 2010, il est considéré comme anormal de laisser pleurer un bébé pendant des heures. Pourquoi ce changement ? Parce qu'on a compris au cours du siècle que laisser les bébés pleurer pendant des heures laissait des traces indélibiles (si cela arrive trop souvent).
Donc ce qui était "normal" a changé grâce à la recherche scientifique et à l'expérience phénoménologique issue des témoignages des anciens bébés, c'est à dire des enfants et des adultes.   
En dehors des universaux, c'est à dire ce qui est identique à toutes les cultures, tous les groupes et de tout temps, la normalité est basé sur des croyances. Ces croyances, perçues commme des vérités à un instant T, peuvent changer. Ce qui est "normal" ne l'est plus et vice versa.
 
Si vous vous demandez ; "est-ce que je suis normal ?", signifie en réalité : "J'ai besoin de savoir si j'appartiens à la norme." La question est donc : que se passe t-il pour vous si vous sortez de "la norme" ? En quoi cela peut être un problème ? Y a t-il des solutions pour résoudre ce problème, si problème il y a ? En l'absence de problème, c'est à dire de conflit interne ou social, vous pouvez donc vous dire : tout va bien même si je ne fais pas partie de la majorité ! 

Si voir un éléphant alors que les autres voient une chaise ne pose pas de problème, alors tout va bien ? D'une certaine façon, oui ! A condition de gérer ce qu'implique la différence dans un groupe. Si le groupe accepte votre perception et vous la leur, tout devrait bien se passer. Si vous n'acceptez pas leur perception ou qu'ils n'acceptent pas la votre, vous avez plusieurs solutions : apprendre à connaître et respecter vos différences, entrer en conflit, ou ne plus vous voir... A vous de choisir en fonction de vos besoins, désirs, objectifs et de ce qui est possible chez l'autre. La normalité n'existe pas sans l'autre alors que la pathologie se suffit à elle-même.

Bonne réflexion ! Si vous souhaitez donner votre perception ou poser une question, postez un commentaire. 

Karine Danan  
 

1 FREUD, Sigmund, Psychologie de la vie amoureuse, Petite biblio Payot (imp. 2020)

vendredi 4 juin 2021

Le reve et son interprétation, S.Freud - Notes de lecture

Dans son livre "le rêve et son interprétation", Freud distingue 3 types de rêves. 
1. Les rêves clairs et raisonables. Il s'agit des rêves dont le contenu manifeste est empruté directement à la vie psychique consciente. Ce sont des rêves claires, sans ambiguité, qui reprennent la plupart du temps ce que nous avons vécus ou allons vivre. 
2. Les rêves raisonables. Ce sont des rêves qui paraissent souvent clairs, mais dont un élément semble bizarre, étonnant, déroutant. 
3. Les rêves incohérents, obscurs ou absurdes. Ce sont ces rêves que nous jugeons souvent absurdes, bizarres, étranges, qui ne veulent soit disant rien dire. 

Pour Freud, tous les rêves parlent de la réalisation d'un désir , désir réalisé, désir frustré, désir d'une situation à venir.

Le rêve serait selon lui le gadien du someil et tout en même temps le lanceur d'alerte. Je dirais que si le rêve a bien une fonction, elle serait d'assurer la sécurité du dormeur soit en lui permettant de dormir malgré ses conflits intérieurs, soir de le réveiller en cas de danger. Ceci nous amène à penser la vie inconsciente comme sans sommeil.

Pour créer le rêve à partir de toutes les pensées du dormeur et permettre à ce même dormeur de dormir ou se réveiller, le rêve utilise la condentsation, la symbolisation et le déplacement comme moyen de révêler sans révêler. Le conflit interne doit donc soit rester inconscient (refoulement) et en même temps permettre le classement, la digestion ou le traitement des informations portées par le dormeur. Il semble que si le dormeur est prêt à prendre conscience du désir ou du conflit interne, le rêve a pour foction de le lui révêler en l'éveillant au moment clef. 


jeudi 29 avril 2021

Fenetre ouverte sur l'analyse transactonnelle des patients schizoides


Les processus schizoïdes apparaissent comme des mécanismes d’adaptation présents en chacun de nous selon les moments et les évènements que nous rencontrons. Ils peuvent apparaître comme des traits de personnalité qui ne définissent que partiellement le profil de la personne. Ils peuvent également envahir de façon quasi constante le tableau clinique à tel point qu’on peut alors parler de personnalité schizoïde ou de trouble schizoïde (dixit le DSM). À ce stade, il semble parfois difficile aux thérapeutes d’établir un diagnostic de personnalité schizoïde, car un certain nombre des mécanismes en place peut l’orienter sur un profil évitant, borderline, traumatique, avec des troubles du développement qui rappellent parfois le syndrome d’Asperger et les troubles du spectre autistique. Il est par ailleurs également répandu d’associer la personnalité schizoïde comme faisant partie des structures psychotiques que l’on rencontre peu dans nos cabinets libéraux. De façon générale, les patients que nous recevons dans la pratique libérale ont une bonne « épreuve de la réalité » dès leur arrivée ou assez rapidement dans la thérapie. Éliminer d’office l’idée d’un trouble schizoïde sur cette seule base revient selon moi à oublier que la plupart de nos patients ont trouvé des voies de résilience qui complexifient nos diagnostics dans le cadre des psychothérapies auprès des publics que nous accueillons. Ces diagnostics biaisés par nos propres méconnaissances nous amènent parfois à faire « l’erreur diagnostic » qui nous désoriente des méthodes thérapeutiques qui pourraient être plus à même d’aider les patients « schizoïdes » qui se présentent à nous. Il existe une littérature assez pauvre sur le profil « schizoïde » comparé à d’autres. Celle-ci est souvent ancienne, complexe et éparse. Synthétiser n’est pas mieux, car cela peut mener à une catégorisation trop rigide. Néanmoins, je pense qu’un canevas qui regroupe les points clefs sous l’angle de l’analyse transactionnelle est un bon support pour les analystes transactionnels qui souhaitent avoir une meilleure visibilité de ce profil, trouver leur place dans la relation thérapeutique, élaborer un plan de traitement et élaborer des interventions thérapeutiques.

Ces deux articles forment un résumé de mes recherches.

La première partie traite du diagnostic :

  • Définition et tableau clinique
  • États du moi & Égogramme
  • Circuit du scénario
  • Jeux psychologiques & impasses

La deuxième partie est orientée vers la pratique :

  • Relation thérapeutique : création & maintien du lien
  • Plan de traitement
  • Avancée & réussite du contrat
Cet article a été diffusé par la revue des actualités en analyse transactionnelle sur CAIRN.info. L'auteur ne touche aucun droits d'auteur sur les articles diffusés dans la revue, votre paiement sert à soutenir la diffusion d'articles sélectionnés par un jury d'analystes transactionnels bénévoles.
Merci à l'IFAT pour son autorisation à la diffusion sur mon blog et mes réseaux de cet article.

mardi 3 novembre 2020

Que se passe t-il si j'accepte ce qui est là ?

Si j'accepte de rester là un instant avec moi-même, de reconnaître ce qui est là en moi et peut-être même autour de moi en me disant intérieurement : OK, tu te sens triste, tendu, il pleut, tu es confiné...
Et me laisser sentir cette tension, cette tristesse, ce que provoque cette pluie ou ce confinement en moi...
Je reste simplement là, sans chercher à obtenir, gagner ou trouver quelque chose.
Etonnament, en me laissant sentir ce qui est là, je sens dans le même temps un apaisement intérieur. Et il est frappant, peut-être, de constater comment cet apaisement qui se développe en moi, me permet de résoudre dans le même temps ce qui me semblait compliqué alors. 
En me donnant la permission d'exister et d'être ce que je suis, je trouve ma liberté d'être libre au milieu du chaos. 
Et qui sait, peut-être vais-je libérer toute ma créativité pour envisager le vie, le monde, moi-même, tout à fait différemment. 

Karine Danan

jeudi 21 mai 2020

Les messages de nos parents ?!


Ces petites phrases pas si anodines :

-        -   Mange ta soupe, sinon le loup viendra te manger
-        -  Si tu le dis à maman, je t’arrache les yeux
-        -  Si tu ne viens pas de suite, maman te laisse ici
-        -  Les grands garçons, ça ne pleure pas
-        -  Quand on est une petite fille bien élevée, on ne répond pas
-        -  Met ton manteau, j’ai froid !


Il n’y a bien sûr pas que les phrases, mais également les comportements :

-        -  Le regard de tristesse de votre mère lorsque vous la laissiez seule.
-        -  Ce père qui pince les seins de sa fille en riant.
-        -  Cette mère qui lance un regard accusateur à son fils qui a fait pipi au lit.
-        -  Cet oncle qui met son doigt sur sa bouche après vous avoir abusé
-        -  Cette maîtresse qui vous tire les cheveux lorsque vous parlez en classe
-        -  Cette grand-mère avec du poil au menton qu'on vous oblige à embrasser

Tous ces moments qui paraissent souvent anodins aux yeux d’un grand nombre d’adultes ont souvent eu un impact important dans la vie des enfants et par voie de conséquences sur les adultes qu’ils sont devenus.
Ces comportements et ces phrases sont venus se loger dans nos états du moi comme des souvenirs, des croyances, des fantasmes qui colorent nos comportements d’aujourd’hui.

Lorsqu’un enfant entend : « Berthe aux grands pieds », il peut entendre : tu as de grands pieds et ce n’est pas OK, tes pieds sont moches, tu es moche, tu es différent(e) et ce n’est pas bien… Ce message va se loger dans son état du moi Parent (P1 le plus souvent).

Ce n’est pas le message qui pose le plus de problèmes parfois, mais ce que comprend l’enfant. 

Pour faire face au sentiment qu’il ressent, il va parfois prendre des décisions importantes : puisque c’est comme ça :

-        -  Je ne dirais plus rien
-        -  Je resterais petit
-        -  Je ne pleurerais plus jamais devant quelqu’un
-        -  Je ne ressentirais plus de plaisir
-        -  Je les ferais souffrir
-        -  Je ne marierais jamais
-        -  Je n’aurais jamais d’enfant

Ces décisions vont colorer les idées, les fantasmes, les émotions et les comportements de l’enfant, de l’adolescent et ce que va faire l’adulte de sa vie. Souvent devenues inconscientes à l’âge adulte, les grandes personnes ne soupçonnent pas que ce qui se passe dans leur vie est très dépendant des décisions qu’ils ont prises enfants et que ce qui leur arrive dépend grandement d’eux-mêmes.

C’est un difficile moment que de constater que nous sommes là où nous avions décidé d’aller enfant en réaction à ces phrases et ces comportements qui nous ont marqués. Il est également souvent difficile pour beaucoup de personnes d’en vouloir à leur parent, parce qu’au fond, l’Enfant sait que c’est lui et lui seul qui a engagé la décision.

« Je ne peux pas leur en vouloir, ils ont fait ce qu’ils ont pu »
« Vous savez à l’époque, c’était comme ça »
« Ma pauvre mère a tellement souffert… »

Rappelons quand même aux petits enfants des grandes personnes que nous sommes devenues, ou plus précisément à notre enfant intérieur, que ce n’est pas parce qu’on vous marche involontairement sur le pied qu’il faut serrer les dents en laissant son pied sous celui de l’autre ! Sauf si cette grande personne répond encore à un vieux message parental qu’elle a compris comme : Sois fort(e), Ne ressens pas, Ne dis pas ce que tu sens, Ne dérange pas, Fais des efforts…

Les grandes personnes ont des droits et des devoirs et les enfants également. Hélas, ces droits et ces devoirs sont si vagues que chacun peut les interpréter à sa manière :

-        -  Une bonne claque n’a jamais fait de mal à personne
-        -  Oh, mais, c’est elle qui a voulu se déshabiller devant moi
-        -  Il ne faut pas gâcher la nourriture
-        -  J’assure sa sécurité ! C’est pour cela qu’elle ne sortira jamais dehors
-        -  Je ne vois pas en quoi dormir avec ma fille de 10 ans est un problème !
-        -  La vie est dure, il fallait bien que mon père m’apprenne à me défendre…

Et vous, que vous disaient ou que faisaient vos parents quand vous étiez petits ou petites ? Qu’en avez-vous compris ? Et qu’en avez-vous conclu ? (Si vous souhaitez partager : c'est ici)

Exemple de Jeanne X : Quand j’étais petit papa me disait : dans la vie, on ne peut compter que sur soi. J’ai compris : sois-fort. J’en ai conclu qu’il fallait se débrouiller seul. Depuis, je ne demande rien à personne ! L’inconvénient, c’est que du coup, je suis très seul !
La bonne nouvelle, c’est que ces croyances et ces décisions sont toujours modifiables. En refusant par exemple de croire : le loup a bien autre chose à faire que me manger ! Et si vous êtes parent, il est toujours possible de revenir sur ce que vous avez dit : Tu sais quand je t’ai dit l’autre jour que le loup viendrait te manger. Je l’ai dit parce que j’étais en colère et ce n’est pas bien parce que j’aurais dû te dire : je me sens en colère d’avoir passé du temps à faire cette soupe et quand tu ne la finis pas j’imagine que c’est parce que tu ne l’aimes pas et alors je me dis que tu ne m’aimes pas, mais en vérité je ne suis pas cette soupe n’est-ce pas ?! Je t’aime que tu manges ta soupe ou pas, que tu sois en colère ou pas ! Et tu as tout à fait le droit de ne plus avoir faim ou de ne pas aimer ma soupe. Et puis, tu sais, en vérité, les loups ne mangent pas les enfants. Jamais ! Jamais ! Que tu finisses ta soupe ou pas…  

Remettre en cause ses croyances, c’est être prêt à accepter que la vie change. Comme pour tout changement, quand la vie devient belle par exemple, une phase de deuil s’engage et nous nous sentons parfois tristes ou en colère et cela est tout à fait « normal ». Certaines personnes préfèrent éviter cela parce que cela leur paraît trop difficile ou  interdit : c’est la vie ! Pourtant, c’est en faisant le deuil que l’on peut s’ouvrir à ce que l’on attend vraiment. La vie parfois nous fait des cadeaux simplement parce que nous étions prêts à les recevoir.

  
Illustration : Magaly Chazot-Ghanem

mercredi 15 avril 2020

L'antidote à l'impuissance

L'impuissance : Définition "1" du Petit Larousse :

"Manque de force, de moyens, pour faire une chose."

Ce manque de force, de moyens pour faire quelque chose peut être dû à :
- la méconnaissance de sa propre force, de ses propres moyens, de ses propres ressources
- la méconnaissance du changement possible de la situation, de l'autre ou de soi-même : par exemple, je ne peux changer quelqu'un qui ne souhaite pas changer.
- l'impossibilité physique ou matérielle que la situation soit changée : à ce jour, par exemple, il m'est impossible de changer le fait qu'il y ait un virus COVID-19. Je n'ai ni les connaissances, ni la technique... d'éliminer ce virus. Je ne peux qu'appliquer ce que la Loi m'impose et ce que les scientifiques préconisent. Je peux toutefois poser des questions, m'informer, réfléchir à des solutions.
- la méconnaissance des options possibles : parfois, nous ne voyons pas les solutions possibles.
- la méconnaissance du problème : si j'ai mal au ventre, mais que je ne sais pas ce qui provoque ce mal de ventre, il est probable que je sois limitée en terme de solutions.

Le sentiment d'impuissance vient de l'impossibilité de régler le problème, de changer ce que nous voulons changer ou faire ce que nous voulons faire. Soit parce que la situation est effectivement impossible à changer : je ne peux déplacer ce ravin qui se trouve devant moi (mais, je peux peut-être construire un pont avec de l'aide ou faire un détour). Soit parce que je ne me sens pas en capacité de changer, de faire, soit parce que je n'ai pas encore perçu le problème ou encore parce que je ne vois pas du tout le problème. Il se peut même que je n'ai pas envie de changer les choses (dans ce cas il est probable que je ne sente pas cette impuissance puisque je ne me sens pas dans l'impossibilité de changer quelque chose, ne souhaitant pas le changer).

L'antidote ?


Peut-être puis-je accepter que ce ravin soit là et bien là devant moi. Peut-être puis-je accepter que je ne sache pas voler et que je n'aie pas de pouvoirs magiques à faire disparaître ce ravin (toute-puissance). Je peux donc peut-être reconnaître mes propres limites à changer ce qui est extérieur à moi. Accepter mes limites et les émotions que cette impuissance provoque chez moi et chez les autres. Si je veux changer quelque chose chez l'autre et que l'autre ne veut pas ou ne peut pas, puis-je accepter l'impuissance de l'autre, la frustration que cela procure chez moi tout en acceptant mes propres limites, besoins ou envies. Si je dis non à quelqu'un qui veut quelque chose de moi que je ne veux pas lui donner, puis-je accepter que sa réaction lui appartienne (arrêter de porter la responsabilité des actes de l'autre).


L'antidote consiste à retrouver mon pouvoir personnel là où il est possible :
- quelles sont mes compétences ?
- quels sont mes besoins et mes envies ?
- parmi ces besoins, ces envies, ces angoisses, est-ce que je peux les satisfaire par moi même ? Avec l'aide de quelqu'un ou de quelque chose.
- puis-je agir seul pour moi-même ?
- qui peut m'aider ?

Je peux alors me donner le temps, l'espace et les moyens d'agir pour moi-même dans le respect de l'autre, sans avoir à changer cet autre ou cette situation si insatisfaisante pour moi.

La puissance, antidote à l'impuissance.

La puissance n'est pas le "pouvoir", "la domination", ni même le "commandement". La puissance, c'est cette capacité d'utiliser sa force, ses ressources, sa créativité, tous les moyens possibles. C'est la capacité d'être soi en acceptant ce qui ne peut être changé, ses limites et celles des autres ou celles de l'environnement. La puissance, c'est d'utiliser tous les possibles pour aller vers la réussite. Trouver la congruence entre ce que je suis, mes savoirs, mes compétences et mes limites, mes désirs et mes besoins confrontés au monde ou à la réalité de l'autre.

La puissance ne peut exister sans la protection et la permission que l'on se donne.

Je suis puissant(e) quand je me donne la permission d'être moi-même, en prenant soin de mes besoins et de mes désirs dans la limite de mes connaissances, de mes croyances, de l'autre ou de l'environnement.

Je suis puissant(e) quand je me pose à penser à ce que je peux faire pour franchir le ravin : construire un pont en trouvant les personnes compétentes pour m'aider - descendre dans le ravin avec le matériel nécessaire - faire un détour en me permettant de prendre mon temps - choisir un autre chemin en laissant le ravin où il se trouve - ...et vous que feriez-vous si vous utilisez votre puissance devant ce ravin qui vous sépare de là où vous voulez aller ?

Texte : Karine Danan
Photo : Magaly Chazot

dimanche 8 mars 2020

La capacité d'etre seul - Donald W. Winnicott - Notes et explications

Notes & explications sur un extrait de La capacité d’être seul – page 18-19-20

Winnicott, Donald W., La capacité d’être seul, Petite bibliothèque Payot, éd. 2015, extrait De la pédiatrie à la psychanalyse, 2e éd., Paris, Payot, 1989. 

La capacité d’être seul qui est traité ici est cette capacité de solitude, de liberté de « s’isoler sans s’enfermer ». Capacité d’être seul qui permet dans la relation d’être là avec soi et avec l’autre, libéré de la dépendance ou de l’empiètement de l’environnement (émotions des autres, bruits, humeurs, critiques…). « Selon Winnicott, l’enfant qui n’a pas acquis la capacité d’être seul – court le risque de s’isoler pathologiquement ou de développer une personnalité en faux-self (préface écrite par Catherine Audibert, psychologue et psychanalyste, auteure de L’incapacité d’être seul). 


Pourquoi l’enfant ne réussi pas à développer cette capacité d’être seul (avec) ? 

Voici quelques témoignages qui peuvent répondre de manière concrète à cette question. 

« Maman était dépressive, j’avais toujours l’impression de voir le néant dans son regard, comme c’est le néant en moi », « Ma mère a toujours été envahissante, pour mon bien selon elle, mais elle ne comprenait pas qu’elle atteignait mon intégrité », « Je crois que mes parents me laissaient pleurer des heures parce que je n’étais pas leur priorité, j’étais comme un poupon que l’on peut laisser sans manger », « ma mère me gavait comme on gave une oie. Je crois que ça explique pourquoi je ne sais jamais si j’ai faim ». 

D’un point de vue plus global, on peut dire que l’enfant n’a pas trouvé de réponse à ses propres besoins. Il a manqué de cette adaptation maternelle à ses besoins. Dans les cas les plus graves, il a pu rester sans regard, sans contact, sans nourriture affective, sans soin (excès de carences). Dans l’étude de René Spitz dans les années 40 des enfants en po, il montre comment l’enfant peut en arriver à se laisser mourir du manque d’investissement des « objets externes ». La mère, n’est pour le tout petit pas vraiment encore objet externe, mais objet interne, voir pas encore objet puisque faisant partie de lui au tout début de la vie. (L’objet peut être défini comme cette personne perçue comme distincte de moi, qui n’est pas la personne elle-même réelle , elle st ma représentation d’elle-même.) Dans cette situation l’enfant ne peut « faire l’expérience de sa vie personnelle ». 

Il est à noter, que la mère n’a pas nécessairement cette perception de ne pas répondre au besoins de l’enfant : « j’ai suivi le guide de l’enfant que j’ai acheté, je ne comprends pas ! », « ma mère a fait comme ça avec moi, donc je ne vois pas le problème », « je suis sa mère, je sais ce qui est bon pour lui »… Dans tous les cas, la mère pense faire au mieux, mais dans tout ces cas, elle fait en fonction d’elle et non de l’enfant lui-même. Qu’il est compliqué d’être mère !

Comment bébé réussi t-il a survivre ? 

Certains carences ne viennent pas du manque de nourriture ou de contact, mais du manque de stimulation. La mère au regard vie due à la dépression, ne permet pas à l’enfant de se refléter comme objet lui-même de la mère. Il ne voit dans ses yeux que le néant, néant qu’il intègre comme part de lui-même, dangereux, comme un gouffre qui l’aspire dans la dépression de la mère. Les bébé les plus vifs vont peut-être « prendre en charge l’humeur de la mère pour tenter de la rendre plus joyeuse et vivante » . 

Il peut également s’agir d’une maman qui a face à elle un bébé communicant, actif, ouvert, sensible, ayant besoin de beaucoup de soin, demandant beaucoup de contact ou de stimulation, ou encore un bébé qui parait autonome... Beaucoup par rapport à ce que la mère peut donner à ce moment là parce qu’elle est fatiguée, déprimée, surchargée, psychologiquement préoccupée… Les besoins et les manifestations de l’enfant vont lui paraître « trop ». « Il est trop exigeant, demandeur, vif… ». La mère face à « ces pulsions d’amour » se sent déstabilisée peut-être par ce qu’elle ne s’attendait pas à ça : « moi je croyais qu’un bébé ça mangeait et ça dormait, je n’avais pas imaginé qu’il me demanderait autant d’attention au début ! ». Alors la mère, déstabilisée, perdue, mal préparée, « répond de façon inappropriée » sans le vouloir. Elle peut devenir agressive avec ce bébé, excessive ou encore dévorante, intrusive ou abandonnante, absente. Tout est fonction de sa propre histoire et de ses possibilités. 
Le bébé n’a d’autre choix, s’il veut survivre, à s’adapter aux exigence de son environnement. Et le bébé est très doué pour cela. 

Une façon d’exister dans un monde hostile, négligeant, intrusif, insuffisant est de de se replier, s’isoler à l’intérieur de soi. De l’extérieur, il peut sembler complètement « adapté » au monde, c’est parce qu’il a réussi à développer un autre lui, un faux lui qu’on appelle le faux-soi ou faux-self. Parce qu’il lui ait impossible de montrer le vrai à cause du risque d’anéantissement qu’il imagine. Cette défense, ce mode d’adaptation, permet de protéger la part authentique, vrai du soi (le vrai self) qui se sent ou s’est senti menacé. Plus l’environnement a été, est et sera menaçant plus « la défense qui consiste à dissimuler » le soi secret, le vrai soi peut aller jusqu’à sa projection ou sa dissémination. 

De quoi a besoin le petit humain ? 

Demandez le lui, il vous répondra ! Quelque soit la traduction à apporter aux pleurs, au regard, aux mouvements de bébé, celui-ci a besoin d’un « environnement facilitant, simplifié par la mère, pour se développer et être assuré d’une continuité d’existence ». 

Je suis une maman, j’ai peur d’être une mauvaise mère, que puis-je faire ? 

Winnicott insiste sur le fait qu’une mère parfaite, n’est pas une bonne mère. Plutôt pas uniquement une bonne mère. Elle est à la fois frustrante et répondante. A moins d’avoir un traducteur des moindres mouvements internes et externes, conscients et inconscients de l’être humain, qu’il soit bébé ou adulte, il est impossible et non recommandé de répondre à tous ses besoins dès qu’il en a besoin. C’est l’erreur que beaucoup de maman font parce qu’elles cherchent à bien faire. Pour nous développer, nous avons besoin de répondre à nos besoins, mais pour que le besoin existe, il est nécessaire qu’il existe un lieu « sans », un manque ou une certaine frustration. Adaptée à la capacité psychique de l’enfant ou de l’adulte. L’enfant, l’adulte, va alors développer « son système immunitaire », ce qu’on appelle en psychologie le système défensif. Winnicott dans ce passage montre l’intérêt de ce système, c’est « le signe que l’enfant peut espérer conserver une individualité »

Comment différencier la pathologie du développement « normal » ?
 
Dans la pathologie, le système défensif se rigidifie. Le faux-self est « une mesure de protection, une stratégie de conformité, pour protéger le vrai self ». Nous avons tous un peu de faux-self et c’est protecteur. A l’école, au travail, dans la rue, dans de nouvelles situations, nous montrons une part de nous qui tente de s’adapter à l’environnement. Mais certaines personnes s’oublient jusqu’à ne plus exister en tant qu’elles-mêmes. Dans les cas les plus graves, elles s’interdisent d’être, de faire, d’aller, de dire non, d’aimer, de savoir, d’exister ….

Quelles sont les conséquences de l’incapacité d’être seul ?

Cela peut générer « chez certains des angoisses terrifiantes, proches de ce que Winnicott nomme « les agonies primitives » (ou « angoisses impensables »), c’est-à-dire les sensations archaïques de se morceler, de ne pas cesser de tomber, de ne pas avoir de relation avec son corps, de ne pas avoir d’orientation, d’être isolé complètement parce qu’il n’y a aucun moyen de communication. L’absence comme la présence de l’autre semblent produire sur ces sujets et en eux une sorte d’excès toxique qu’ils ne peuvent contenir et qui les déborde. Deux types de besoin s’imposent alors à eux : celui de la dépendance (où la solitude est exclue) et celui du repli (où l’isolement est un refuge) » p.23.

Petite  note supplémentaire pour réfléchir

« Sur la page de garde elle avait écrit : « Mon livre intime », et sur la première page : « Ce qu’un homme pense au profond de son cœur, tel il est. » Sa mère lui avait demandé : « Où as-tu trouvé cette pensée ? » C’était mal parce que cela voulait dire que la mère avait lu son ivre. Tout aurait été bien si elle l’avait lu, mais sans en parler. Nous avons là l’image d’un enfant établissant un self intime qui ne communique pas et qui, en même temps, désire communiquer et être trouvé. C’est un jeu élaboré de cache-cache dans lequel se cacher est un plaisir, mais n’être pas trouvé est une catastrophe ».p.89
 

mercredi 10 juillet 2019

Les 5 drivers

" Le stress et les défis de la vie nous renvoient à cinq types de préoccupations : faire plaisir, être fort, se dépêcher, faire des efforts, avoir raison ou être parfait."¹

Ces 5 préoccupations sont appelées Drivers parce que nous nous sentons poussés à les mettre en oeuvre de façon automatique et inconsciente. De plus, nous attendons souvent des autres qu'ils les agissent envers nous.

Les 5 drivers
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Ces drivers peuvent être "positifs" quand ils nous mènent à la réalisation de nos besoins, attentes, désirs... mais peuvent aussi s'avérer "négatifs" quand il nous servent à éviter quelque chose qui serait pire selon nous que de répondre à nos besoins. 

Émile préfère faire plaisir à son fils plutôt que de sentir la culpabilité de l'avoir frustré quitte à ne pas répondre à ses propres attentes. Si on lui en fait la remarque, elle répond : je sais bien que ce n'est pas bien, mais cela me fait plaisir de lui faire plaisir ! Elle ne voit pas le problème de ne pas frustrer son fils et de se frustrer elle-même tout en se demandant pourquoi son fils, avec les années, est de plus en plus exigeant et malheureux et pourquoi elle-même à mal au ventre régulièrement.

Le problème avec les drivers c'est qu'ils nous fournissent une compensation immédiate (comme la cigarette, le chocolat, l'alcool, un beignet au pommes...). Nous tombons dans le piège de l'immédiateté au détriment du "bon pour soi sur le long terme". "Après tout, un petit verre pour la route ce n'est pas si grave, on peut bien s'amuser un peu" dit un homme qui ne comprend pas les reproches de sa fille sur son attitude lors de sa soirée d'anniversaire. 

Par contre, il est intéressant de constater que ces drivers peuvent nous aider dans bien des domaines. En effet, un serveur qui répond à un driver dépêche toi peut s'avérer très efficace comme un chirurgien qui a un driver sois-parfait ou encore un secouriste qui a un driver fais efforts...

Alors, bien ou pas les drivers ?

S'ils sont utilisés en toute conscience, dans le but d'une réalisation qui nous tient à coeur dans le respect de soi et de l'autre, alors pourquoi pas ! 

Une méthode pour contrebalancer un driver consiste à :
- en avoir conscience
- choisir de l'activer ou pas
- l'utiliser pour soi-même en premier lieu et pour les autres quand cela est bon pour nous

Par exemple : 

Faire plaisir consiste souvent à se consacrer aux autres plutôt qu'à soi. La personne s'oublie au profit des autres et ne comprend pas les reproches tels que : tu en fais trop, pourquoi as-tu fais cela alors que je ne t'ai rien demandé, tu es trop présente, t'es pas ma mère...
Plutôt que de faire plaisir, il serait plus judicieux de SE faire plaisir prioritairement. Il n'y a rien d'égoïste à cela. Le sacrifice n'est pas très agréable pour les autres. Cela leur amène un poids et une culpabilité dont ils se passeraient bien !

Sois fort consiste souvent à ne pas sentir ou ne pas exprimer la douleur, la colère, la tristesse, la peur... La personne semble être un roc. Si cela lui évite de sentir, cela amène les autres à beaucoup attendre d'elle et penser qu'elle peut se débrouiller seule. Or, celui qui active son driver sois fort le fait justement parce qu'il a besoin d'être soutenu et qu'il n'a jamais trouvé ce soutien. En activant ce driver, vous n'obtenez pas le soutien attendu. 
Plutôt que d'être fort, rendez les autres fort en leur demandant de l'aide ou en leur donnant des responsabilités. Cela vous permettra de prendre soin de vous.

Dépêche-toi consiste à faire les choses au dernier moment ou très rapidement pour ne pas être en retard. Le dépêche-toi peut-être un professionnel de la procrastination ou au contraire a un emploi du temps de ministre. Il arrive en retard ou à l'heure, mais essoufflé (même s'il sort de sa voiture). Plutôt que de se mettre la pression, la personne pourrait apprendre à prendre son temps et apprécier la patience. Définir ses priorités à court et à long terme est un bon moyen de rompre avec le dépêche-toi.

Fais des efforts. Il souffle. La vie à l'air dur. Se lever, aller travailler, réviser un examen est une épreuve. On lui reproche de se noyer dans un verre d'eau. Celui qui fait des efforts met beaucoup de bonne volonté. Il peut réussir au prix de beaucoup d'énergie dépensée, mais souvent il arrive à la seconde place alors qu'il a travaillé plus que le premier. Il pense alors qu'il n'a pas assez fourni d'efforts et c'est reparti pour un tour de manège. La frustration est sa meilleure amie. Plutôt que de faire des efforts pour peu de choses, la personne peut apprendre à se mettre à l'aise, définir ses limites, se respecter tant sur le plan physique que psychologique. Le respect de soi est la clef de celui qui a ce driver intérieur.

Sois parfait ou j'ai raison. La vie a l'air parfaitement réglée. Toujours tiré à quatre épingles, le parfait a déjà tout organisé. Pas de place à l'improvisation. S'il se pose des questions, c'est pour répondre. C'est un excellent manager détestable par sa perfection. Mais le sois parfait est souvent une personne qui a une faible confiance en elle et qui se sent souvent impuissante. C'est pour cette raison qu'elle fait ce qu'il faut. Le revers de la médaille est qu'elle se sent souvent seule et incomprise. L'humour est la clef. Le sois parfait devrait apprendre à aimer ses imperfections et celles des autres et apprendre qu'il peut être aimé imparfait, ne sachant pas, en pyjama, mal coiffé...

L'article de Joseph William Hazell propose un questionnaire pour savoir quels sont vos drivers favoris. Amusez-vous à deux, c'est très instructif. Après quoi vous pouvez lire la fiche des avantages et des inconvénients pour mieux négocier avec vos drivers. L'article date de 1989, mais il reste au goût du jour.

Attention, un driver peut en cacher un autre, se combiner avec un autre ou ne pas être un driver ! 
Quoi ?
Un driver est ce que vous avez compris qu'on attendait de vous. Il n'est pas ce que vous avez décidé de faire pour répondre à ce qu'on attendait de vous (voir décision de vie). C'est pour cette raison d'ailleurs qu'on a tant de mal à s'en débarrasser. Il parait qu'il vaut mieux être loyal que seul. Mais il parait aussi qu'il vaut mieux être seul que mal accompagné. A vous de faire votre petite soupe personnelle pour trouver le juste équilibre à votre bonheur. 




¹ HAZELL, Joseph William, Les drivers en tant que médiateurs des réactions de stress, A.A.T n° 57 p.2440

lundi 20 mai 2019

Un sentiment peut en cacher un autre !

Le sentiment parasite est un sentiment que l'on rencontre souvent chez une personne et qui parait automatisé. Il revient de façon identique alors que la situation est différente. Il s’agit d’un sentiment que l'on ressent fréquemment même s’il n’est pas vraiment approprié à la situation. Comme quand on a peur alors qu'il n'y a objectivement aucune raison d'avoir peur. C'est aussi et surtout celui que nous montrons le plus facilement aux autres puisqu'il a pour fonction de cacher le sentiment authentique qui nous semble impossible à montrer dans la relation. Le sentiment parasite a donc beaucoup à voir avec le regard de l'autre. 



Comment découvrir son sentiment parasite ?

En se posant quelques questions : 
Pensez à un ou une amie/collègue/proche... Dans quel sentiment est-il le plus souvent ? 
Est-ce que ce sentiment est souvent adapté à la situation ?
Que ressentiriez-vous à sa place ?
Quel sentiment ne l'avez-vous jamais vu montrer ?
Et vous ? Quel est le sentiment vous accompagne au quotidien ?
Quel sentiment vous ne montrez jamais aux autres ?
Quel sentiment avez-vous l'impression de ne jamais sentir ?


En repensant à votre enfance 

La colère
Lorsque j'étais enfant, est-ce que je me mettais en colère ?
Comment réagissaient mes parents quand je me mettais en colère ?
Est-ce qu'eux-mêmes se mettaient en colère ?
Qu'est-ce que je ressentais alors ?  
Qu'est-ce que j'ai décidé alors à propos de la colère ? 
Vous pouvez faire cet exercice avec les 6 émotions de bases (colère, tristesse, peur, joie, dégoût, surprise) et quelques sentiments (culpabilité, honte, jalousie...)

Voici un exemple (sur 4 émotions de bases - il y en a au moins 6 en réalité) :
« Lorsque j'étais enfant, j'avais souvent très peur. J'exprimais cette peur par des symptômes physiques (asthme, énurésie, maladies chroniques), par des comportements (repli autistique, automutilation, pleurs, mutisme...), des problèmes psychiques (dysorthographie, difficulté de concentration et de mémorisation...) ou encore par des cauchemars. On me rassurait pour mes cauchemars, mais pas pour la raison sous-jacente à ceux-ci. Mes symptômes étaient mis sur le compte de bien des choses sauf sur la raison évidente. J'avais donc toujours peur. Était-ce mon sentiment parasite ? Non, ma peur était adaptée à la situation.
Je voyais mes proches exprimer de la colère. Et cela me faisait peur. Lorsque j'exprimais de la colère, je voyais que je blessais les autres. Cela me rendait triste et je sentais de la culpabilité.
Chez moi, on cachait sa tristesse.
Quant à la joie, elle était présente et exprimable à volonté.
Qu'en ai-je conclu ?
Que la joie était autorisée. Qu'il fallait garder sa tristesse pour soi, que la colère était mal, et que la peur est insoluble.
Qu'est-ce que j'ai fait : j'ai montré ma joie. J'ai caché ma tristesse et ma peur. J'ai éliminé ma colère.
Mon sentiment parasite était la joie. C'est une émotion que je pouvais facilement montrer et qui rendait joyeux les gens autour de moi. Pendant longtemps, je souriais même en parlant des drames, mais la plupart du temps j'évitais de parler de moi. 
Mon sentiment interdit était devenu la colère. J'avais supprimé la conscience même de cette émotion et compensé en exprimant un sentiment autorisé : la joie ou plutôt une fausse gaieté. Parce que le sentiment parasite sonne toujours comme quelque chose de faux. Mais quand on est bonne comédienne, la plupart des gens n'y voient que du feu (voir le faux-self). »

Ca à l'air plutôt bien vu comme ça !
Pas vraiment, car "derrière tout sentiment parasite, quelque faux qu'il sonne, se cache des sentiments ou des perceptions réels, mais d'une autre espèce, que la personne s'interdit de ressentir" ou de montrer. Cela a pour conséquences que face à un problème, nous ne pouvons réagir avec efficacité et nous pouvons nous mettre en danger. L'émotion authentique est une aide précieuse pour trouver les actions efficaces à résoudre un problème. Avec le sentiment parasite aux commandes, nos solutions ne sont pas efficaces.

Imaginez que vous ayez un sentiment parasite de joie. Si on vous marche sur le pied, vous allez sourire. Cela ne vous permettra pas de demander à la personne d'enlever son pied du vôtre. Grâce à l'émotion authentique de surprise, de peur ou de colère vous pourrez retirer votre pied ou dire à la personne avec fermeté : Pouvez-vous enlever votre pied du mien ?

Lorsqu'on découvre son sentiment parasite, on voit apparaître le sentiment authentique qui était caché derrière. Cela n'est pas toujours agréable. Logique, car si on l'a caché c'est justement parce qu'il était difficile à ressentir ou difficilement exprimable.



Comment obtenir un sentiment parasite ? 

Obtenir un sentiment parasite
De l'interdiction de la colère au sentiment parasite de joie
dessin réalisé avec http://stripgenerator.com
1.     Interdire clairement le sentiment ou l'émotion :
Ne te met pas en colère, ne sois pas triste, tu es fou d'être en colère, comment oses-tu être jaloux avec tout ce que je fais pour toi, quand on est un homme on ne pleure pas, les grands garçons sont forts, les petites filles sont souriantes...
L'enfant se dit alors : 
- je ne peux pas sentir ce que je sens
- je ne peux pas exprimer ce que je sens
- je n'ai pas moyen de faire face à ce que je sens
L’enfant entend cela comme une injonction : Ne sens pas, n’exprime pas ce que tu sens, ne sois pas un enfant…
2.     Faire peur 
Être violent avec un enfant en colère, mordre un enfant qui mord, frapper, humilier, se moquer, faire de l'humour : ah ah ! Le petit crocodile qui pleure.  Dire des phrases toutes faites : Jean qui rit, Jean qui pleure. Faire des remarques : cet enfant est toujours en colère. Donner des explications qui n'ont pas de sens : tu pleures parce que tu as été méchant. Minimiser : il y a des choses bien plus graves dans la vie...
3.     Ne pas montrer et nommer ses émotions à l'enfant
Je vais bien (alors que l’on pleure)
4.     L'ignorance
 Ne pas répondre aux émotions ou sentiments de l'enfant ou le détourner de son émotion en lui demandant de penser à autre chose : regarde le petit oiseau !
Passe-moi le sel ! 
5.     Culpabiliser l'enfant
Montrer sa peine quand l’enfant exprime une émotion. Lui dire que ce n’est pas beau du tout d’être en colère/triste…  

Le sentiment parasite, une fois installé permet l'expression détournée du sentiment authentique. Par exemple, l'anxiété est une manière d'exprimer de la peur, de la colère, du dégoût, de la tristesse sans l'exprimer. Cela veut dire que l'énergie est bien libérée, mais comme la réponse apportée ne répondra probablement pas à la cause, la personne restera avec une insatisfaction et un besoin continuel de présenter le sentiment parasite en désespoir de cause. 

Comment retrouver le sentiment authentique ?

Pour retrouver le sentiment authentique, il s'agit de se demander ce que ressentirait un enfant (mon fils, ma fille, ma nièce, un enfant en général) dans cette situation.
Par exemple, dans cette situation j'exprime mon sentiment parasite de peur. Pourtant quand je raconte la situation, les gens me disent être en colère. Si je me demande : et si cela arrivait à ma fille, quelle serait l'émotion la plus adaptée à la situation ? Si je réponds la colère, il est probable que ma peur est là pour cacher ma colère inexprimable. Je devrais donc faire un travail autour de la permission à sentir ma colère et apprendre à l'exprimer (sans violence). Je devrais développer mon sentiment authentique sans m'interdire de sentir le sentiment parasite (il m'a quand même bien servi jusque-là !). Cela nécessitera, pour la colère, de commencer par de petites colères en exprimant par exemple ma frustration : j'aurais préféré des pâtes plutôt que des choux de Bruxelles. Je pourrais apprendre à demander : je voudrais des pâtes et à mettre des limites : je ne veux pas de choux de Bruxelles. Petit à petit mon sentiment parasite laissera la place au sentiment authentique.

Se débarrasser de son sentiment parasite n'est pas chose facile, mais cela est possible. Cela implique également de voir les enjeux relationnels qui sont liés au sentiment parasite. Si du jour au lendemain j'exprime ma colère. Comment va réagir mon entourage ? Comment vais-je faire comprendre aux autres que j'ai le droit d'exprimer ma colère qu'ils soient contents ou non ? Comment vais-je gérer ce que ma colère va provoquer ? Suis-je capable de prendre cette responsabilité sans culpabilité mal placée ? 

Une aide extérieure peut nous aider à trouver notre sentiment parasite et nous en débarrasser parce qu'un observateur peut sentir ce qui se passe en lui et comparer ses sentiments aux nôtres. Le décalage émotionnel peut indiquer que l'un des deux exprime un sentiment parasite. La discussion permet souvent d'y voir plus clair. 
L'observateur peut caresser le sentiment authentique d'une personne pour lui permettre de le développer : quand tu dis ta colère cela m'aide beaucoup, je suis touchée positivement que tu montres ta tristesse, cela m'amène à penser que tu me fais confiance et j'en suis honorée, je me sens utile de pouvoir te rassurer quand tu as peur...
L'observateur peut aussi contenir l'émotion : je comprends ta colère/ta tristesse... C'est OK de l'exprimer. Je suis là et je t'écoute. Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ?

Le sentiment parasite est un parasite qui se nourrit sur notre dos. Il nous apporte une fausse protection en échange de la nourriture que nous lui apportons. À utiliser avec parcimonie à moins que l'on préfère rester dans notre problème. 

Karine Danan - Notes et développements à partir de l'article de Fanita English - Les mécanismes de substitution des sentiments-parasites aux sentiments réels - A.A.T n°7 p.108-113