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vendredi 4 juin 2021

Le reve et son interprétation, S.Freud - Notes de lecture

Dans son livre "le rêve et son interprétation", Freud distingue 3 types de rêves. 
1. Les rêves clairs et raisonables. Il s'agit des rêves dont le contenu manifeste est empruté directement à la vie psychique consciente. Ce sont des rêves claires, sans ambiguité, qui reprennent la plupart du temps ce que nous avons vécus ou allons vivre. 
2. Les rêves raisonables. Ce sont des rêves qui paraissent souvent clairs, mais dont un élément semble bizarre, étonnant, déroutant. 
3. Les rêves incohérents, obscurs ou absurdes. Ce sont ces rêves que nous jugeons souvent absurdes, bizarres, étranges, qui ne veulent soit disant rien dire. 

Pour Freud, tous les rêves parlent de la réalisation d'un désir , désir réalisé, désir frustré, désir d'une situation à venir.

Le rêve serait selon lui le gadien du someil et tout en même temps le lanceur d'alerte. Je dirais que si le rêve a bien une fonction, elle serait d'assurer la sécurité du dormeur soit en lui permettant de dormir malgré ses conflits intérieurs, soir de le réveiller en cas de danger. Ceci nous amène à penser la vie inconsciente comme sans sommeil.

Pour créer le rêve à partir de toutes les pensées du dormeur et permettre à ce même dormeur de dormir ou se réveiller, le rêve utilise la condentsation, la symbolisation et le déplacement comme moyen de révêler sans révêler. Le conflit interne doit donc soit rester inconscient (refoulement) et en même temps permettre le classement, la digestion ou le traitement des informations portées par le dormeur. Il semble que si le dormeur est prêt à prendre conscience du désir ou du conflit interne, le rêve a pour foction de le lui révêler en l'éveillant au moment clef. 


jeudi 29 avril 2021

Fenetre ouverte sur l'analyse transactonnelle des patients schizoides


Les processus schizoïdes apparaissent comme des mécanismes d’adaptation présents en chacun de nous selon les moments et les évènements que nous rencontrons. Ils peuvent apparaître comme des traits de personnalité qui ne définissent que partiellement le profil de la personne. Ils peuvent également envahir de façon quasi constante le tableau clinique à tel point qu’on peut alors parler de personnalité schizoïde ou de trouble schizoïde (dixit le DSM). À ce stade, il semble parfois difficile aux thérapeutes d’établir un diagnostic de personnalité schizoïde, car un certain nombre des mécanismes en place peut l’orienter sur un profil évitant, borderline, traumatique, avec des troubles du développement qui rappellent parfois le syndrome d’Asperger et les troubles du spectre autistique. Il est par ailleurs également répandu d’associer la personnalité schizoïde comme faisant partie des structures psychotiques que l’on rencontre peu dans nos cabinets libéraux. De façon générale, les patients que nous recevons dans la pratique libérale ont une bonne « épreuve de la réalité » dès leur arrivée ou assez rapidement dans la thérapie. Éliminer d’office l’idée d’un trouble schizoïde sur cette seule base revient selon moi à oublier que la plupart de nos patients ont trouvé des voies de résilience qui complexifient nos diagnostics dans le cadre des psychothérapies auprès des publics que nous accueillons. Ces diagnostics biaisés par nos propres méconnaissances nous amènent parfois à faire « l’erreur diagnostic » qui nous désoriente des méthodes thérapeutiques qui pourraient être plus à même d’aider les patients « schizoïdes » qui se présentent à nous. Il existe une littérature assez pauvre sur le profil « schizoïde » comparé à d’autres. Celle-ci est souvent ancienne, complexe et éparse. Synthétiser n’est pas mieux, car cela peut mener à une catégorisation trop rigide. Néanmoins, je pense qu’un canevas qui regroupe les points clefs sous l’angle de l’analyse transactionnelle est un bon support pour les analystes transactionnels qui souhaitent avoir une meilleure visibilité de ce profil, trouver leur place dans la relation thérapeutique, élaborer un plan de traitement et élaborer des interventions thérapeutiques.

Ces deux articles forment un résumé de mes recherches.

La première partie traite du diagnostic :

  • Définition et tableau clinique
  • États du moi & Égogramme
  • Circuit du scénario
  • Jeux psychologiques & impasses

La deuxième partie est orientée vers la pratique :

  • Relation thérapeutique : création & maintien du lien
  • Plan de traitement
  • Avancée & réussite du contrat
Cet article a été diffusé par la revue des actualités en analyse transactionnelle sur CAIRN.info. L'auteur ne touche aucun droits d'auteur sur les articles diffusés dans la revue, votre paiement sert à soutenir la diffusion d'articles sélectionnés par un jury d'analystes transactionnels bénévoles.
Merci à l'IFAT pour son autorisation à la diffusion sur mon blog et mes réseaux de cet article.

lundi 20 mai 2019

Un sentiment peut en cacher un autre !

Le sentiment parasite est un sentiment que l'on rencontre souvent chez une personne et qui parait automatisé. Il revient de façon identique alors que la situation est différente. Il s’agit d’un sentiment que l'on ressent fréquemment même s’il n’est pas vraiment approprié à la situation. Comme quand on a peur alors qu'il n'y a objectivement aucune raison d'avoir peur. C'est aussi et surtout celui que nous montrons le plus facilement aux autres puisqu'il a pour fonction de cacher le sentiment authentique qui nous semble impossible à montrer dans la relation. Le sentiment parasite a donc beaucoup à voir avec le regard de l'autre. 



Comment découvrir son sentiment parasite ?

En se posant quelques questions : 
Pensez à un ou une amie/collègue/proche... Dans quel sentiment est-il le plus souvent ? 
Est-ce que ce sentiment est souvent adapté à la situation ?
Que ressentiriez-vous à sa place ?
Quel sentiment ne l'avez-vous jamais vu montrer ?
Et vous ? Quel est le sentiment vous accompagne au quotidien ?
Quel sentiment vous ne montrez jamais aux autres ?
Quel sentiment avez-vous l'impression de ne jamais sentir ?


En repensant à votre enfance 

La colère
Lorsque j'étais enfant, est-ce que je me mettais en colère ?
Comment réagissaient mes parents quand je me mettais en colère ?
Est-ce qu'eux-mêmes se mettaient en colère ?
Qu'est-ce que je ressentais alors ?  
Qu'est-ce que j'ai décidé alors à propos de la colère ? 
Vous pouvez faire cet exercice avec les 6 émotions de bases (colère, tristesse, peur, joie, dégoût, surprise) et quelques sentiments (culpabilité, honte, jalousie...)

Voici un exemple (sur 4 émotions de bases - il y en a au moins 6 en réalité) :
« Lorsque j'étais enfant, j'avais souvent très peur. J'exprimais cette peur par des symptômes physiques (asthme, énurésie, maladies chroniques), par des comportements (repli autistique, automutilation, pleurs, mutisme...), des problèmes psychiques (dysorthographie, difficulté de concentration et de mémorisation...) ou encore par des cauchemars. On me rassurait pour mes cauchemars, mais pas pour la raison sous-jacente à ceux-ci. Mes symptômes étaient mis sur le compte de bien des choses sauf sur la raison évidente. J'avais donc toujours peur. Était-ce mon sentiment parasite ? Non, ma peur était adaptée à la situation.
Je voyais mes proches exprimer de la colère. Et cela me faisait peur. Lorsque j'exprimais de la colère, je voyais que je blessais les autres. Cela me rendait triste et je sentais de la culpabilité.
Chez moi, on cachait sa tristesse.
Quant à la joie, elle était présente et exprimable à volonté.
Qu'en ai-je conclu ?
Que la joie était autorisée. Qu'il fallait garder sa tristesse pour soi, que la colère était mal, et que la peur est insoluble.
Qu'est-ce que j'ai fait : j'ai montré ma joie. J'ai caché ma tristesse et ma peur. J'ai éliminé ma colère.
Mon sentiment parasite était la joie. C'est une émotion que je pouvais facilement montrer et qui rendait joyeux les gens autour de moi. Pendant longtemps, je souriais même en parlant des drames, mais la plupart du temps j'évitais de parler de moi. 
Mon sentiment interdit était devenu la colère. J'avais supprimé la conscience même de cette émotion et compensé en exprimant un sentiment autorisé : la joie ou plutôt une fausse gaieté. Parce que le sentiment parasite sonne toujours comme quelque chose de faux. Mais quand on est bonne comédienne, la plupart des gens n'y voient que du feu (voir le faux-self). »

Ca à l'air plutôt bien vu comme ça !
Pas vraiment, car "derrière tout sentiment parasite, quelque faux qu'il sonne, se cache des sentiments ou des perceptions réels, mais d'une autre espèce, que la personne s'interdit de ressentir" ou de montrer. Cela a pour conséquences que face à un problème, nous ne pouvons réagir avec efficacité et nous pouvons nous mettre en danger. L'émotion authentique est une aide précieuse pour trouver les actions efficaces à résoudre un problème. Avec le sentiment parasite aux commandes, nos solutions ne sont pas efficaces.

Imaginez que vous ayez un sentiment parasite de joie. Si on vous marche sur le pied, vous allez sourire. Cela ne vous permettra pas de demander à la personne d'enlever son pied du vôtre. Grâce à l'émotion authentique de surprise, de peur ou de colère vous pourrez retirer votre pied ou dire à la personne avec fermeté : Pouvez-vous enlever votre pied du mien ?

Lorsqu'on découvre son sentiment parasite, on voit apparaître le sentiment authentique qui était caché derrière. Cela n'est pas toujours agréable. Logique, car si on l'a caché c'est justement parce qu'il était difficile à ressentir ou difficilement exprimable.



Comment obtenir un sentiment parasite ? 

Obtenir un sentiment parasite
De l'interdiction de la colère au sentiment parasite de joie
dessin réalisé avec http://stripgenerator.com
1.     Interdire clairement le sentiment ou l'émotion :
Ne te met pas en colère, ne sois pas triste, tu es fou d'être en colère, comment oses-tu être jaloux avec tout ce que je fais pour toi, quand on est un homme on ne pleure pas, les grands garçons sont forts, les petites filles sont souriantes...
L'enfant se dit alors : 
- je ne peux pas sentir ce que je sens
- je ne peux pas exprimer ce que je sens
- je n'ai pas moyen de faire face à ce que je sens
L’enfant entend cela comme une injonction : Ne sens pas, n’exprime pas ce que tu sens, ne sois pas un enfant…
2.     Faire peur 
Être violent avec un enfant en colère, mordre un enfant qui mord, frapper, humilier, se moquer, faire de l'humour : ah ah ! Le petit crocodile qui pleure.  Dire des phrases toutes faites : Jean qui rit, Jean qui pleure. Faire des remarques : cet enfant est toujours en colère. Donner des explications qui n'ont pas de sens : tu pleures parce que tu as été méchant. Minimiser : il y a des choses bien plus graves dans la vie...
3.     Ne pas montrer et nommer ses émotions à l'enfant
Je vais bien (alors que l’on pleure)
4.     L'ignorance
 Ne pas répondre aux émotions ou sentiments de l'enfant ou le détourner de son émotion en lui demandant de penser à autre chose : regarde le petit oiseau !
Passe-moi le sel ! 
5.     Culpabiliser l'enfant
Montrer sa peine quand l’enfant exprime une émotion. Lui dire que ce n’est pas beau du tout d’être en colère/triste…  

Le sentiment parasite, une fois installé permet l'expression détournée du sentiment authentique. Par exemple, l'anxiété est une manière d'exprimer de la peur, de la colère, du dégoût, de la tristesse sans l'exprimer. Cela veut dire que l'énergie est bien libérée, mais comme la réponse apportée ne répondra probablement pas à la cause, la personne restera avec une insatisfaction et un besoin continuel de présenter le sentiment parasite en désespoir de cause. 

Comment retrouver le sentiment authentique ?

Pour retrouver le sentiment authentique, il s'agit de se demander ce que ressentirait un enfant (mon fils, ma fille, ma nièce, un enfant en général) dans cette situation.
Par exemple, dans cette situation j'exprime mon sentiment parasite de peur. Pourtant quand je raconte la situation, les gens me disent être en colère. Si je me demande : et si cela arrivait à ma fille, quelle serait l'émotion la plus adaptée à la situation ? Si je réponds la colère, il est probable que ma peur est là pour cacher ma colère inexprimable. Je devrais donc faire un travail autour de la permission à sentir ma colère et apprendre à l'exprimer (sans violence). Je devrais développer mon sentiment authentique sans m'interdire de sentir le sentiment parasite (il m'a quand même bien servi jusque-là !). Cela nécessitera, pour la colère, de commencer par de petites colères en exprimant par exemple ma frustration : j'aurais préféré des pâtes plutôt que des choux de Bruxelles. Je pourrais apprendre à demander : je voudrais des pâtes et à mettre des limites : je ne veux pas de choux de Bruxelles. Petit à petit mon sentiment parasite laissera la place au sentiment authentique.

Se débarrasser de son sentiment parasite n'est pas chose facile, mais cela est possible. Cela implique également de voir les enjeux relationnels qui sont liés au sentiment parasite. Si du jour au lendemain j'exprime ma colère. Comment va réagir mon entourage ? Comment vais-je faire comprendre aux autres que j'ai le droit d'exprimer ma colère qu'ils soient contents ou non ? Comment vais-je gérer ce que ma colère va provoquer ? Suis-je capable de prendre cette responsabilité sans culpabilité mal placée ? 

Une aide extérieure peut nous aider à trouver notre sentiment parasite et nous en débarrasser parce qu'un observateur peut sentir ce qui se passe en lui et comparer ses sentiments aux nôtres. Le décalage émotionnel peut indiquer que l'un des deux exprime un sentiment parasite. La discussion permet souvent d'y voir plus clair. 
L'observateur peut caresser le sentiment authentique d'une personne pour lui permettre de le développer : quand tu dis ta colère cela m'aide beaucoup, je suis touchée positivement que tu montres ta tristesse, cela m'amène à penser que tu me fais confiance et j'en suis honorée, je me sens utile de pouvoir te rassurer quand tu as peur...
L'observateur peut aussi contenir l'émotion : je comprends ta colère/ta tristesse... C'est OK de l'exprimer. Je suis là et je t'écoute. Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ?

Le sentiment parasite est un parasite qui se nourrit sur notre dos. Il nous apporte une fausse protection en échange de la nourriture que nous lui apportons. À utiliser avec parcimonie à moins que l'on préfère rester dans notre problème. 

Karine Danan - Notes et développements à partir de l'article de Fanita English - Les mécanismes de substitution des sentiments-parasites aux sentiments réels - A.A.T n°7 p.108-113