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mercredi 29 mars 2023

Transaction empathique

"Une transaction empathique se produit lorsque le thérapeute communique... sa compréhension de ce que ressent le patient et que ce dernier ressent qu'il est compris" (Clark 1991)

Il s'agit donc d'un échange verbal dans lequel le thérapeute dit ce qu'il comprend de ce que sent le patient et que ce dernier ressent que c'est ça. 

Madame Jeanne (qui n'a pas eu sa promotion) dit : J'en ai marre de ce travail ! C'est toujours les mêmes qui sont avantagés ! 
Monsieur Jean dit :  je comprend que tu n'es vraiment pas contente d'apprendre que tu n'auras pas cette promotion, c'est bien ça ? 
Madame Jeanne : Oui, c'est tout à fait ça ! 

Dans la transaction empathique, il ne s'agit pas seulement de dire les mots, mais répondre avec empathie et respect à l'endroit du ressenti du patient. 

Cela permet au patient de se sentir entendu à un niveau qui n'est pas conscient et sécurisé dans le lien. Il peut alors réactiver des besoins qu'il s'était cachés à lui-même.

Madame Jeanne dit : ... et je vais aller me trouver un travail plus satisfaisant.

Dans le cas d'un système racket ou d'un jeu psychologique, la transaction empathique peut se retourner contre celui qui l'a émise car il y a une intention cachée : celle d'aider l'autre à partir d'une transaction d'Adulte à Enfant qui entre dans le cadre du contrat thérapeutique ou relationnel. C'est alors l'occasion de renommer le contrat et s'assurer qu'il est toujours valide dans l'esprit des deux partenaires de l'échange.

mardi 28 mars 2023

Personnalité hystérique : contrat de thérapie

Un premier contrat possible avec une adaptation hystérique et de :

S'arrêter et penser avant de se laisser emporter par l'émotion 

Contrat qui peut s'énoncer par la phrase : je vais rester centré sur ce que je fais 

Le résultat en est la capacité de brancher la pensée dès que l'émotion devient envahissante. Ceci permettant à la personne de devenir capable de se brancher plus efficacement sur sa pensée et de sortir donc de son sentiment parasite d'anxiété en exprimant sa colère et sa tristesse de façon plus congruente.

Par exemple : Madame Jeanne exprime fortement sa colère en jetant son téléphone au sol alors qu'après analyse de la situation il semblerait qu'elle fût très triste de recevoir une mauvaise nouvelle concernant sa grand grand-mère. Madame Jeanne a senti sa colère monter quand son conjoint lui a demandé pourquoi elle avait acheté 6 œufs à la place des 12 qui étaient sur la liste. Madame Jeanne ne pouvant exprimer sa tristesse ouvertement à monsieur Jean. Elle a (comme à l'accoutumée) transformé sa tristesse en colère (sentiment parasite) emporté par son ressenti émotionnel (pression interne physiologique). Si madame Jeanne avait pris le temps d'être à ce qu'elle faisait malgré les circonstances, elle aurait probablement acheté 12 œufs et aurait évité de recevoir une critique qui lui a donné une bonne raison de décharger sa peine en colère. Madame Jeanne aurait tout aussi bien pu alors dire à son mari sa tristesse de cette nouvelle, le mari dans l'empathie aurait pris madame Jeanne dans les bras, ou encore, il se serait abstenu de faire remarquer l'erreur de madame Jeanne a ce moment-là, ou ... Bref, toute l'histoire aurait changée ! Madame Jeanne se serait sentie plus authentique et plus calme en elle-même et cela est bon pour la santé de madame Jeanne, pour ses relations humaines et pour son propre amour de soi.  

Texte inspiré et adapté de notes de lecture de : Analyse transactionnelle, une perspective relationnelle de Elena Hargaden et Charlotte Stills aux éditions AT, page 33

vendredi 4 juin 2021

Le reve et son interprétation, S.Freud - Notes de lecture

Dans son livre "le rêve et son interprétation", Freud distingue 3 types de rêves. 
1. Les rêves clairs et raisonables. Il s'agit des rêves dont le contenu manifeste est empruté directement à la vie psychique consciente. Ce sont des rêves claires, sans ambiguité, qui reprennent la plupart du temps ce que nous avons vécus ou allons vivre. 
2. Les rêves raisonables. Ce sont des rêves qui paraissent souvent clairs, mais dont un élément semble bizarre, étonnant, déroutant. 
3. Les rêves incohérents, obscurs ou absurdes. Ce sont ces rêves que nous jugeons souvent absurdes, bizarres, étranges, qui ne veulent soit disant rien dire. 

Pour Freud, tous les rêves parlent de la réalisation d'un désir , désir réalisé, désir frustré, désir d'une situation à venir.

Le rêve serait selon lui le gadien du someil et tout en même temps le lanceur d'alerte. Je dirais que si le rêve a bien une fonction, elle serait d'assurer la sécurité du dormeur soit en lui permettant de dormir malgré ses conflits intérieurs, soir de le réveiller en cas de danger. Ceci nous amène à penser la vie inconsciente comme sans sommeil.

Pour créer le rêve à partir de toutes les pensées du dormeur et permettre à ce même dormeur de dormir ou se réveiller, le rêve utilise la condentsation, la symbolisation et le déplacement comme moyen de révêler sans révêler. Le conflit interne doit donc soit rester inconscient (refoulement) et en même temps permettre le classement, la digestion ou le traitement des informations portées par le dormeur. Il semble que si le dormeur est prêt à prendre conscience du désir ou du conflit interne, le rêve a pour foction de le lui révêler en l'éveillant au moment clef. 


jeudi 29 avril 2021

Fenetre ouverte sur l'analyse transactonnelle des patients schizoides


Les processus schizoïdes apparaissent comme des mécanismes d’adaptation présents en chacun de nous selon les moments et les évènements que nous rencontrons. Ils peuvent apparaître comme des traits de personnalité qui ne définissent que partiellement le profil de la personne. Ils peuvent également envahir de façon quasi constante le tableau clinique à tel point qu’on peut alors parler de personnalité schizoïde ou de trouble schizoïde (dixit le DSM). À ce stade, il semble parfois difficile aux thérapeutes d’établir un diagnostic de personnalité schizoïde, car un certain nombre des mécanismes en place peut l’orienter sur un profil évitant, borderline, traumatique, avec des troubles du développement qui rappellent parfois le syndrome d’Asperger et les troubles du spectre autistique. Il est par ailleurs également répandu d’associer la personnalité schizoïde comme faisant partie des structures psychotiques que l’on rencontre peu dans nos cabinets libéraux. De façon générale, les patients que nous recevons dans la pratique libérale ont une bonne « épreuve de la réalité » dès leur arrivée ou assez rapidement dans la thérapie. Éliminer d’office l’idée d’un trouble schizoïde sur cette seule base revient selon moi à oublier que la plupart de nos patients ont trouvé des voies de résilience qui complexifient nos diagnostics dans le cadre des psychothérapies auprès des publics que nous accueillons. Ces diagnostics biaisés par nos propres méconnaissances nous amènent parfois à faire « l’erreur diagnostic » qui nous désoriente des méthodes thérapeutiques qui pourraient être plus à même d’aider les patients « schizoïdes » qui se présentent à nous. Il existe une littérature assez pauvre sur le profil « schizoïde » comparé à d’autres. Celle-ci est souvent ancienne, complexe et éparse. Synthétiser n’est pas mieux, car cela peut mener à une catégorisation trop rigide. Néanmoins, je pense qu’un canevas qui regroupe les points clefs sous l’angle de l’analyse transactionnelle est un bon support pour les analystes transactionnels qui souhaitent avoir une meilleure visibilité de ce profil, trouver leur place dans la relation thérapeutique, élaborer un plan de traitement et élaborer des interventions thérapeutiques.

Ces deux articles forment un résumé de mes recherches.

La première partie traite du diagnostic :

  • Définition et tableau clinique
  • États du moi & Égogramme
  • Circuit du scénario
  • Jeux psychologiques & impasses

La deuxième partie est orientée vers la pratique :

  • Relation thérapeutique : création & maintien du lien
  • Plan de traitement
  • Avancée & réussite du contrat
Cet article a été diffusé par la revue des actualités en analyse transactionnelle sur CAIRN.info. L'auteur ne touche aucun droits d'auteur sur les articles diffusés dans la revue, votre paiement sert à soutenir la diffusion d'articles sélectionnés par un jury d'analystes transactionnels bénévoles.
Merci à l'IFAT pour son autorisation à la diffusion sur mon blog et mes réseaux de cet article.

mardi 3 novembre 2020

Que se passe t-il si j'accepte ce qui est là ?

Si j'accepte de rester là un instant avec moi-même, de reconnaître ce qui est là en moi et peut-être même autour de moi en me disant intérieurement : OK, tu te sens triste, tendu, il pleut, tu es confiné...
Et me laisser sentir cette tension, cette tristesse, ce que provoque cette pluie ou ce confinement en moi...
Je reste simplement là, sans chercher à obtenir, gagner ou trouver quelque chose.
Etonnament, en me laissant sentir ce qui est là, je sens dans le même temps un apaisement intérieur. Et il est frappant, peut-être, de constater comment cet apaisement qui se développe en moi, me permet de résoudre dans le même temps ce qui me semblait compliqué alors. 
En me donnant la permission d'exister et d'être ce que je suis, je trouve ma liberté d'être libre au milieu du chaos. 
Et qui sait, peut-être vais-je libérer toute ma créativité pour envisager le vie, le monde, moi-même, tout à fait différemment. 

Karine Danan

jeudi 21 mai 2020

Les messages de nos parents ?!


Ces petites phrases pas si anodines :

-        -   Mange ta soupe, sinon le loup viendra te manger
-        -  Si tu le dis à maman, je t’arrache les yeux
-        -  Si tu ne viens pas de suite, maman te laisse ici
-        -  Les grands garçons, ça ne pleure pas
-        -  Quand on est une petite fille bien élevée, on ne répond pas
-        -  Met ton manteau, j’ai froid !


Il n’y a bien sûr pas que les phrases, mais également les comportements :

-        -  Le regard de tristesse de votre mère lorsque vous la laissiez seule.
-        -  Ce père qui pince les seins de sa fille en riant.
-        -  Cette mère qui lance un regard accusateur à son fils qui a fait pipi au lit.
-        -  Cet oncle qui met son doigt sur sa bouche après vous avoir abusé
-        -  Cette maîtresse qui vous tire les cheveux lorsque vous parlez en classe
-        -  Cette grand-mère avec du poil au menton qu'on vous oblige à embrasser

Tous ces moments qui paraissent souvent anodins aux yeux d’un grand nombre d’adultes ont souvent eu un impact important dans la vie des enfants et par voie de conséquences sur les adultes qu’ils sont devenus.
Ces comportements et ces phrases sont venus se loger dans nos états du moi comme des souvenirs, des croyances, des fantasmes qui colorent nos comportements d’aujourd’hui.

Lorsqu’un enfant entend : « Berthe aux grands pieds », il peut entendre : tu as de grands pieds et ce n’est pas OK, tes pieds sont moches, tu es moche, tu es différent(e) et ce n’est pas bien… Ce message va se loger dans son état du moi Parent (P1 le plus souvent).

Ce n’est pas le message qui pose le plus de problèmes parfois, mais ce que comprend l’enfant. 

Pour faire face au sentiment qu’il ressent, il va parfois prendre des décisions importantes : puisque c’est comme ça :

-        -  Je ne dirais plus rien
-        -  Je resterais petit
-        -  Je ne pleurerais plus jamais devant quelqu’un
-        -  Je ne ressentirais plus de plaisir
-        -  Je les ferais souffrir
-        -  Je ne marierais jamais
-        -  Je n’aurais jamais d’enfant

Ces décisions vont colorer les idées, les fantasmes, les émotions et les comportements de l’enfant, de l’adolescent et ce que va faire l’adulte de sa vie. Souvent devenues inconscientes à l’âge adulte, les grandes personnes ne soupçonnent pas que ce qui se passe dans leur vie est très dépendant des décisions qu’ils ont prises enfants et que ce qui leur arrive dépend grandement d’eux-mêmes.

C’est un difficile moment que de constater que nous sommes là où nous avions décidé d’aller enfant en réaction à ces phrases et ces comportements qui nous ont marqués. Il est également souvent difficile pour beaucoup de personnes d’en vouloir à leur parent, parce qu’au fond, l’Enfant sait que c’est lui et lui seul qui a engagé la décision.

« Je ne peux pas leur en vouloir, ils ont fait ce qu’ils ont pu »
« Vous savez à l’époque, c’était comme ça »
« Ma pauvre mère a tellement souffert… »

Rappelons quand même aux petits enfants des grandes personnes que nous sommes devenues, ou plus précisément à notre enfant intérieur, que ce n’est pas parce qu’on vous marche involontairement sur le pied qu’il faut serrer les dents en laissant son pied sous celui de l’autre ! Sauf si cette grande personne répond encore à un vieux message parental qu’elle a compris comme : Sois fort(e), Ne ressens pas, Ne dis pas ce que tu sens, Ne dérange pas, Fais des efforts…

Les grandes personnes ont des droits et des devoirs et les enfants également. Hélas, ces droits et ces devoirs sont si vagues que chacun peut les interpréter à sa manière :

-        -  Une bonne claque n’a jamais fait de mal à personne
-        -  Oh, mais, c’est elle qui a voulu se déshabiller devant moi
-        -  Il ne faut pas gâcher la nourriture
-        -  J’assure sa sécurité ! C’est pour cela qu’elle ne sortira jamais dehors
-        -  Je ne vois pas en quoi dormir avec ma fille de 10 ans est un problème !
-        -  La vie est dure, il fallait bien que mon père m’apprenne à me défendre…

Et vous, que vous disaient ou que faisaient vos parents quand vous étiez petits ou petites ? Qu’en avez-vous compris ? Et qu’en avez-vous conclu ? (Si vous souhaitez partager : c'est ici)

Exemple de Jeanne X : Quand j’étais petit papa me disait : dans la vie, on ne peut compter que sur soi. J’ai compris : sois-fort. J’en ai conclu qu’il fallait se débrouiller seul. Depuis, je ne demande rien à personne ! L’inconvénient, c’est que du coup, je suis très seul !
La bonne nouvelle, c’est que ces croyances et ces décisions sont toujours modifiables. En refusant par exemple de croire : le loup a bien autre chose à faire que me manger ! Et si vous êtes parent, il est toujours possible de revenir sur ce que vous avez dit : Tu sais quand je t’ai dit l’autre jour que le loup viendrait te manger. Je l’ai dit parce que j’étais en colère et ce n’est pas bien parce que j’aurais dû te dire : je me sens en colère d’avoir passé du temps à faire cette soupe et quand tu ne la finis pas j’imagine que c’est parce que tu ne l’aimes pas et alors je me dis que tu ne m’aimes pas, mais en vérité je ne suis pas cette soupe n’est-ce pas ?! Je t’aime que tu manges ta soupe ou pas, que tu sois en colère ou pas ! Et tu as tout à fait le droit de ne plus avoir faim ou de ne pas aimer ma soupe. Et puis, tu sais, en vérité, les loups ne mangent pas les enfants. Jamais ! Jamais ! Que tu finisses ta soupe ou pas…  

Remettre en cause ses croyances, c’est être prêt à accepter que la vie change. Comme pour tout changement, quand la vie devient belle par exemple, une phase de deuil s’engage et nous nous sentons parfois tristes ou en colère et cela est tout à fait « normal ». Certaines personnes préfèrent éviter cela parce que cela leur paraît trop difficile ou  interdit : c’est la vie ! Pourtant, c’est en faisant le deuil que l’on peut s’ouvrir à ce que l’on attend vraiment. La vie parfois nous fait des cadeaux simplement parce que nous étions prêts à les recevoir.

  
Illustration : Magaly Chazot-Ghanem

lundi 20 mai 2019

Un sentiment peut en cacher un autre !

Le sentiment parasite est un sentiment que l'on rencontre souvent chez une personne et qui parait automatisé. Il revient de façon identique alors que la situation est différente. Il s’agit d’un sentiment que l'on ressent fréquemment même s’il n’est pas vraiment approprié à la situation. Comme quand on a peur alors qu'il n'y a objectivement aucune raison d'avoir peur. C'est aussi et surtout celui que nous montrons le plus facilement aux autres puisqu'il a pour fonction de cacher le sentiment authentique qui nous semble impossible à montrer dans la relation. Le sentiment parasite a donc beaucoup à voir avec le regard de l'autre. 



Comment découvrir son sentiment parasite ?

En se posant quelques questions : 
Pensez à un ou une amie/collègue/proche... Dans quel sentiment est-il le plus souvent ? 
Est-ce que ce sentiment est souvent adapté à la situation ?
Que ressentiriez-vous à sa place ?
Quel sentiment ne l'avez-vous jamais vu montrer ?
Et vous ? Quel est le sentiment vous accompagne au quotidien ?
Quel sentiment vous ne montrez jamais aux autres ?
Quel sentiment avez-vous l'impression de ne jamais sentir ?


En repensant à votre enfance 

La colère
Lorsque j'étais enfant, est-ce que je me mettais en colère ?
Comment réagissaient mes parents quand je me mettais en colère ?
Est-ce qu'eux-mêmes se mettaient en colère ?
Qu'est-ce que je ressentais alors ?  
Qu'est-ce que j'ai décidé alors à propos de la colère ? 
Vous pouvez faire cet exercice avec les 6 émotions de bases (colère, tristesse, peur, joie, dégoût, surprise) et quelques sentiments (culpabilité, honte, jalousie...)

Voici un exemple (sur 4 émotions de bases - il y en a au moins 6 en réalité) :
« Lorsque j'étais enfant, j'avais souvent très peur. J'exprimais cette peur par des symptômes physiques (asthme, énurésie, maladies chroniques), par des comportements (repli autistique, automutilation, pleurs, mutisme...), des problèmes psychiques (dysorthographie, difficulté de concentration et de mémorisation...) ou encore par des cauchemars. On me rassurait pour mes cauchemars, mais pas pour la raison sous-jacente à ceux-ci. Mes symptômes étaient mis sur le compte de bien des choses sauf sur la raison évidente. J'avais donc toujours peur. Était-ce mon sentiment parasite ? Non, ma peur était adaptée à la situation.
Je voyais mes proches exprimer de la colère. Et cela me faisait peur. Lorsque j'exprimais de la colère, je voyais que je blessais les autres. Cela me rendait triste et je sentais de la culpabilité.
Chez moi, on cachait sa tristesse.
Quant à la joie, elle était présente et exprimable à volonté.
Qu'en ai-je conclu ?
Que la joie était autorisée. Qu'il fallait garder sa tristesse pour soi, que la colère était mal, et que la peur est insoluble.
Qu'est-ce que j'ai fait : j'ai montré ma joie. J'ai caché ma tristesse et ma peur. J'ai éliminé ma colère.
Mon sentiment parasite était la joie. C'est une émotion que je pouvais facilement montrer et qui rendait joyeux les gens autour de moi. Pendant longtemps, je souriais même en parlant des drames, mais la plupart du temps j'évitais de parler de moi. 
Mon sentiment interdit était devenu la colère. J'avais supprimé la conscience même de cette émotion et compensé en exprimant un sentiment autorisé : la joie ou plutôt une fausse gaieté. Parce que le sentiment parasite sonne toujours comme quelque chose de faux. Mais quand on est bonne comédienne, la plupart des gens n'y voient que du feu (voir le faux-self). »

Ca à l'air plutôt bien vu comme ça !
Pas vraiment, car "derrière tout sentiment parasite, quelque faux qu'il sonne, se cache des sentiments ou des perceptions réels, mais d'une autre espèce, que la personne s'interdit de ressentir" ou de montrer. Cela a pour conséquences que face à un problème, nous ne pouvons réagir avec efficacité et nous pouvons nous mettre en danger. L'émotion authentique est une aide précieuse pour trouver les actions efficaces à résoudre un problème. Avec le sentiment parasite aux commandes, nos solutions ne sont pas efficaces.

Imaginez que vous ayez un sentiment parasite de joie. Si on vous marche sur le pied, vous allez sourire. Cela ne vous permettra pas de demander à la personne d'enlever son pied du vôtre. Grâce à l'émotion authentique de surprise, de peur ou de colère vous pourrez retirer votre pied ou dire à la personne avec fermeté : Pouvez-vous enlever votre pied du mien ?

Lorsqu'on découvre son sentiment parasite, on voit apparaître le sentiment authentique qui était caché derrière. Cela n'est pas toujours agréable. Logique, car si on l'a caché c'est justement parce qu'il était difficile à ressentir ou difficilement exprimable.



Comment obtenir un sentiment parasite ? 

Obtenir un sentiment parasite
De l'interdiction de la colère au sentiment parasite de joie
dessin réalisé avec http://stripgenerator.com
1.     Interdire clairement le sentiment ou l'émotion :
Ne te met pas en colère, ne sois pas triste, tu es fou d'être en colère, comment oses-tu être jaloux avec tout ce que je fais pour toi, quand on est un homme on ne pleure pas, les grands garçons sont forts, les petites filles sont souriantes...
L'enfant se dit alors : 
- je ne peux pas sentir ce que je sens
- je ne peux pas exprimer ce que je sens
- je n'ai pas moyen de faire face à ce que je sens
L’enfant entend cela comme une injonction : Ne sens pas, n’exprime pas ce que tu sens, ne sois pas un enfant…
2.     Faire peur 
Être violent avec un enfant en colère, mordre un enfant qui mord, frapper, humilier, se moquer, faire de l'humour : ah ah ! Le petit crocodile qui pleure.  Dire des phrases toutes faites : Jean qui rit, Jean qui pleure. Faire des remarques : cet enfant est toujours en colère. Donner des explications qui n'ont pas de sens : tu pleures parce que tu as été méchant. Minimiser : il y a des choses bien plus graves dans la vie...
3.     Ne pas montrer et nommer ses émotions à l'enfant
Je vais bien (alors que l’on pleure)
4.     L'ignorance
 Ne pas répondre aux émotions ou sentiments de l'enfant ou le détourner de son émotion en lui demandant de penser à autre chose : regarde le petit oiseau !
Passe-moi le sel ! 
5.     Culpabiliser l'enfant
Montrer sa peine quand l’enfant exprime une émotion. Lui dire que ce n’est pas beau du tout d’être en colère/triste…  

Le sentiment parasite, une fois installé permet l'expression détournée du sentiment authentique. Par exemple, l'anxiété est une manière d'exprimer de la peur, de la colère, du dégoût, de la tristesse sans l'exprimer. Cela veut dire que l'énergie est bien libérée, mais comme la réponse apportée ne répondra probablement pas à la cause, la personne restera avec une insatisfaction et un besoin continuel de présenter le sentiment parasite en désespoir de cause. 

Comment retrouver le sentiment authentique ?

Pour retrouver le sentiment authentique, il s'agit de se demander ce que ressentirait un enfant (mon fils, ma fille, ma nièce, un enfant en général) dans cette situation.
Par exemple, dans cette situation j'exprime mon sentiment parasite de peur. Pourtant quand je raconte la situation, les gens me disent être en colère. Si je me demande : et si cela arrivait à ma fille, quelle serait l'émotion la plus adaptée à la situation ? Si je réponds la colère, il est probable que ma peur est là pour cacher ma colère inexprimable. Je devrais donc faire un travail autour de la permission à sentir ma colère et apprendre à l'exprimer (sans violence). Je devrais développer mon sentiment authentique sans m'interdire de sentir le sentiment parasite (il m'a quand même bien servi jusque-là !). Cela nécessitera, pour la colère, de commencer par de petites colères en exprimant par exemple ma frustration : j'aurais préféré des pâtes plutôt que des choux de Bruxelles. Je pourrais apprendre à demander : je voudrais des pâtes et à mettre des limites : je ne veux pas de choux de Bruxelles. Petit à petit mon sentiment parasite laissera la place au sentiment authentique.

Se débarrasser de son sentiment parasite n'est pas chose facile, mais cela est possible. Cela implique également de voir les enjeux relationnels qui sont liés au sentiment parasite. Si du jour au lendemain j'exprime ma colère. Comment va réagir mon entourage ? Comment vais-je faire comprendre aux autres que j'ai le droit d'exprimer ma colère qu'ils soient contents ou non ? Comment vais-je gérer ce que ma colère va provoquer ? Suis-je capable de prendre cette responsabilité sans culpabilité mal placée ? 

Une aide extérieure peut nous aider à trouver notre sentiment parasite et nous en débarrasser parce qu'un observateur peut sentir ce qui se passe en lui et comparer ses sentiments aux nôtres. Le décalage émotionnel peut indiquer que l'un des deux exprime un sentiment parasite. La discussion permet souvent d'y voir plus clair. 
L'observateur peut caresser le sentiment authentique d'une personne pour lui permettre de le développer : quand tu dis ta colère cela m'aide beaucoup, je suis touchée positivement que tu montres ta tristesse, cela m'amène à penser que tu me fais confiance et j'en suis honorée, je me sens utile de pouvoir te rassurer quand tu as peur...
L'observateur peut aussi contenir l'émotion : je comprends ta colère/ta tristesse... C'est OK de l'exprimer. Je suis là et je t'écoute. Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ?

Le sentiment parasite est un parasite qui se nourrit sur notre dos. Il nous apporte une fausse protection en échange de la nourriture que nous lui apportons. À utiliser avec parcimonie à moins que l'on préfère rester dans notre problème. 

Karine Danan - Notes et développements à partir de l'article de Fanita English - Les mécanismes de substitution des sentiments-parasites aux sentiments réels - A.A.T n°7 p.108-113

dimanche 23 décembre 2018

L'analyse structurale selon Éric Berne

"L'analyse structurale proprement dite a pour but de maîtriser (mais pas nécessairement de résoudre) les conflits intérieurs grâce au diagnostic des États du moi, à leur décontamination, à l'action des frontières et à la stabilisation de ces états, afin que l'Adulte puisse garder le contrôle de la personnalité dans les situations de stress.¹"

L'analyse structurale pour Berne est une phase de la thérapie qui consiste à repérer les états du moi à l'œuvre.

Il s'agit pour le patient d'apprendre à repérer lui-même les états du moi à l'œuvre dans une situation donnée.

L'Adulte étant l'état du moi qui devrait être aux commandes de notre personnalité (en dialogue avec les autres EDM).

1. BERNE, E., Analyse transactionnelle et psychothérapie. p.92
2. Hostie, R., Analyse transactionnelle : l'âge adulte, Intereditions, Paris, 1987. p.73